L’Afrique est connue pour ses liens familiaux qui sont très forts. Pour un Africain, la famille est la chose la plus importante. Sans une famille, il ne peut ni vivre, ni travailler, ni connaître son identité. La famille c’est tout ce qu’il possède. L’idée de la famille en Afrique a un sens beaucoup plus large qu’en Europe. Pour un Africain, la famille c’est sa tribu, son clan, ses cousins, ses frères et sœurs, ses parents, ses grands-parents et la famille d’un conjoint. Même une personne accidentellement rencontrée peut devenir très proche. Il suffit qu’elle donne une preuve des liens familiaux même très éloignés.

Le Gabon est un pays situé dans la zone équatoriale, à la frontière de la Guinée Équatoriale, du Cameroun et du Congo Brazzaville. La surface du Gabon atteint 267. 667 km2 avec, environ 1.454.867 citoyens. Ce pays francophone se compose de nombreux groupes ethniques tels que les Fangs, Punus, Mienes, Echires, Sekianis, Ndzebis et bien d’autres. Il y en a plus de 40. Le groupe le plus nombreux est la tribu Fang. La plupart de Gabonais se considèrent chrétiens, mais beaucoup d’entre eux pratiquent le Bwiti (le culte syncrétique de christianisme et des croyances indigènes). Une partie de la population au Gabon ce sont des adeptes de l’Islam. De toutes les Églises chrétiennes, la Catholique est la plus nombreuse, suivie par l’Église Protestante. Il y a aussi de nombreuses sectes judéo-chrétiennes. C’est le chef de la famille qui détermine à quelle religion elle appartient. Habituellement, toute la famille, au moins la plus proche, appartient à la même religion. On peut, bien sûr, retrouver des situations où les membres d’une famille appartiennent à de différents groupes religieux. Le chef de la famille prend la décision non seulement en matière de foi, mais en pratique, il prend des décisions à propos de tout, des questions mineures à celles de la plus grande importance, comme par exemple le mariage.

Le Mariage

Quand un homme exprime le souhait d’épouser une femme, il doit négocier l’accord et les conditions du contrat de mariage avec le chef de la famille de sa future épouse. Cela fonctionne de la manière suivante : le fiancé vient à la maison de la femme avec les représentants de sa famille ; tous sont vêtus de  tenues identiques ; la future épouse et sa famille également ont les mêmes vêtements ; lorsque le chef de la famille de la candidate constate que le prétendant a payé la somme adéquate,  les femmes représentant sa famille la font rentrer dans la maison ; là-bas, elle s’habille en tenue de la famille du candidat ; puis, sa nouvelle famille la conduit vers chez elle et à partir de ce moment-là (le moment de la rencontre est souligné par la feuille de bananier, qui voile le visage de la candidate et qu’on déchire devant son futur époux), ils sont mariés. Voilà comment se déroule le mariage traditionnel… qui est souvent suivie par un mariage civil (à la Mairie). Pendant le mariage civil, on mentionne dans les documents s’il est polygame ou monogame. Dans le premier cas, l’homme peut avoir plusieurs femmes. Par contre, chez les catholiques, le mariage à l’Église est considérée comme un engagement et le don de sois pour toute la vie. Au Gabon, il y a peu de personnes qui décident de le contracter. Dans la plupart des cas, ces sont des personnes âgées qui décident de se marier à l’Église.

Le mariage quel qu’il soit, traditionnel, civil ou religieux est un événement important et une grande fête pour toute la famille. Sa préparation nécessite beaucoup de moyennes (la dote par exemple peut atteindre 1500 à 3000€). De nombreux jeunes ne peuvent pas se permettre ce luxe. Ils décident alors de vivre ensemble sans le mariage. Des adolescents en âge d’école secondaire et même parfois primaire deviennent déjà parents. Dans ce cas, la famille élargie peut leur venir en aide. Le chef de la famille peut choisir une personne pour prendre soin des enfants des parents mineurs. Ainsi, une jeune mère peut poursuivre ses études. Nous y voyons un signe de respect et une responsabilité de chaque être humain conçu.

Les membres de la famille occupant les meilleurs postes de travail et ayant de ce fait une meilleure situation financière, se sentent responsables d’aider ceux qui sont plus pauvres. Le sacerdoce est considéré comme une promotion sociale. Les prêtres, les frères et les sœurs religieux sont considérés comme une source de soutien, pas seulement spirituel, pour les cousins ​​plus pauvres. Il y a beaucoup de candidats au sacerdoce. Dans notre communauté de Capucins, nous avons un postulant.

La mort

Parmi les membres de la famille, on ne compte pas seulement les vivants, mais  aussi les défunts. Ces derniers, on ne peut pas les oublier. La mémoire des morts s’exprime de différentes manières. La façon la plus connue pour honorer les morts est « le retrait de deuil » qui veut dire « la fin de deuil » - il s’agit d’une veillée de plusieurs jours en l’honneur d’un décédé ou de plusieurs morts de la famille. Cet événement a lieu, le plus souvent, je jour de l’anniversaire du décès. C’est une grande fête à laquelle participe toute la famille et des invités. Tous les membres de la famille s’engagent à sa préparation. Pour un tel événement il faut préparer de la nourriture, des boissons ; acheter le même tissu pour les chemises des hommes et les robes des femmes. Les Catholiques commandent une messe spéciale, après laquelle on invite le prêtre à bénir la maison et les tombes, qui se trouvent souvent à proximité. Puis, on organise un repas de fête. Dans certaines familles, il y une coutume de verser une première goutte de boisson sur le sol, pour les ancêtres.

La famille au Gabon est très forte grâce aux liens intergénérationnels qui s’étendent vers l’au-delà. Les ancêtres continuent à participer à la vie de la famille, d’autant plus que leurs tombes se trouvent tout près de la maison. C’est une famille à hiérarchie forte, dirigée par le chef de la famille, à qui on doit le respect et l’obéissance. Cette famille est essentiellement basée sur l’institution du mariage. Traditionnellement, il s’agit d’un mariage polygame. L’Église Catholique lutte contre cet état de fait, en soulignant la valeur de l’indissolubilité du mariage monogame.

Fr. Daniel Stelmaszek OFMCap