Le témoignage qu’a laissé saint François d’Assise, dans sa vie et ses écrits, a suscité tout au long de l’histoire des fondations nouvelles, des mouvements de renouveau et des réformes, au sein de sa famille spirituelle.

Ainsi, la fraternité fondée par Saint François d’Assise (les frères mineurs, « mineur » signifiant « plus petit ») est constituée aujourd’hui de trois groupes, qui ont chacun leur organisation propre : les Frères mineurs franciscains, les Frères mineurs conventuels, et les Frères mineurs capucins. Les Capucins existent depuis 1525. En ce temps-là quelques frères mineurs d’Italie centrale, voulurent vivre une vie de prière et de pauvreté plus proche des intentions de Saint François. Cette nouvelle branche obtint assez vite d’être reconnue par l’Eglise et se développa rapidement, d’abord en Italie et ensuite, à partir de 1574, dans tout le reste de l’Europe. Le nom de capucins leur fut donné par les populations en raison du long capuce qu’ils portaient ; au début ce n’était qu’un surnom, mais il devint assez vite le nom officiel de l’Ordre. Au sein de la tradition franciscaine, l’Ordre des Capucins représente la prépondérance de l’aspect contemplatif et érémitique. Ce caractère n’empêcha pas, toutefois, les frères de s’insérer rapidement dans la société, surtout dans les couches les plus humbles de la population. Dans le contexte de l’église catholique, l’Ordre est généralement considéré par les historiens comme une des composantes de grande importance dans la Contre Réforme, à côté des Jésuites. Aujourd’hui, les Capucins sont présents sur tous les continents. Les sœurs Clarisses Capucines, qui sont des moniales, vivent du même esprit que les frères capucins.

Nous sommes chrétiens, de l’Eglise catholique, et nous voulons vivre l’Evangile à la manière de saint François d’Assise (1182-1226), notre fondateur. Nous sommes des religieux, et nous vivons en communautés de frères, à l’exemple de saint François. Simplicité, proximité du peuple, esprit fraternel dans nos maisons et dans nos activités au service de l’Eglise et des hommes d’aujourd’hui, caractérisent notre style de vie de capucins. A cela s’ajoute l’importance donnée à la vie contemplative.


Actuellement, les Capucins sont environ 10500 dans le monde, répartis dans une centaine de pays.

Parfois on nous pose la question : qu’est ce que c’est qu’un Capucin ? Quelle que soit notre réponse, elle doit toujours contenir une variante de la phrase : Un capucin est un frère qui prie. L’aspect contemplatif est, dès le début de la réforme capucine, une partie intégrale de notre vocation de frère. saint François d’Assise, comme nous le savons par son biographe saint Bonaventure, est devenu prière. Les premiers frères Capucins, au XVIème siècle, voulaient retrouver cette inspiration primitive de prière, de contemplation, d’oraison. Ils voulaient surtout cultiver une attitude contemplative envers tout ce qui existe. C’est cette attitude contemplative qui leur a permis, comme François, de découvrir la plénitude de notre vocation de frères dans laquelle nous sommes appelés à vivre en frères premièrement entre nous, mais aussi en frères avec toutes les femmes et tous les hommes, et avec toute la création. Et c’est à nous maintenant de nous engager, ou de nous réengager, dans cette voie évangélique.

Mais les Capucins primitifs, tout comme saint François, ont toujours été prêts à répondre à l’appel de la communauté qui les entourait, surtout à l’appel des plus démunis. On sait par les historiens que la réforme capucine a été vraiment établie parce que les frères sont allés au secours des victimes de la peste. L’ouverture aux pauvres fait partie intégrale de la réponse franciscaine capucine à l’appel de l’Evangile.

Cette précision a été renforcée récemment par le Conseil Plénier de l’Ordre sur la minorité. Il nous précise que, si le Capucin est un frère qui prie, il est avant tout un frère qui prie en tant que mineur. Le frère qui prie en mineur est celui qui contemple avant tout un Dieu qui s’humilie dans la crèche, sur la croix et dans l’eucharistie. Le frère qui prie comme mineur est celui qui ne perd jamais de vue ses frères et sœurs – surtout les plus démunis. Le frère Capucin qui prie contemple avant tout le Christ qui s’est donné pour tous les hommes qui s’est dépouillé, le Christ qui s’est abaissé pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. On dit que François a reconnu le Christ dans la petite église de Saint Damien parce qu’il l’avait déjà rencontré dans le lépreux et dans les pauvres.

Il me semble donc que notre réponse Capucine à l’invitation de l’Evangile doit toujours contenir ces deux éléments : contemplation et ouverture missionnaire aux pauvres, aux délaissés, aux démunis dans tous les domaines.

Frère André Ménard, février 2009

(www.freres-capucins.fr)